Antoine Terrade

Survivre à sa Première Mission Freelance

Comment établir la confiance et fixer ses tarifs sans vendre son âme

Survivre à sa Première Mission Freelance

Survivre à sa Première Mission Freelance

Comment établir la confiance et fixer ses tarifs sans vendre son âme

La première mission freelance, ce moment magique où vous réalisez que vous n'avez aucune idée de ce que vous faites, mais où vous devez paraître comme le plus grand expert du domaine depuis l'invention de l'ordinateur.

Établir une relation de confiance est primordial :

  • Soyez transparent (mais pas trop, personne n'a besoin de savoir que vous googlez 'comment centrer un div' à 3h du matin)
  • Communiquez régulièrement (sans harceler - un message toutes les cinq minutes n'est pas 'proactif', c'est inquiétant)
  • Tenez vos promesses (si vous dites 'c'est prêt lundi', ne pas sous-entendre 'lundi dans trois semaines')
  • Documentez tout par écrit (votre mémoire est aussi fiable qu'un Windows Vista après trois ans sans mise à jour)

Se vendre sans paraître désespéré est un art délicat :

  • Mettez en avant vos réussites (ce site WordPress pour votre cousin compte techniquement comme une 'expérience professionnelle')
  • Adaptez votre discours au client (si le client dit 'UX', vous dites 'UX'; s'il dit 'expérience utilisateur', adaptez-vous - même si c'est la même chose)
  • Créez un portfolio convaincant (non, les projets d'école où vous avez eu 8/20 ne comptent pas)
  • Adoptez le vocabulaire du métier (personne ne 'fait un site', on 'développe une solution digitale interactive multi-supports')

Fixer ses tarifs, ou l'art de ne pas finir à travailler pour 2€ de l'heure :

  • Calculez votre taux horaire réel (incluez le temps passé à répondre aux emails à 23h expliquant pourquoi 'le bouton devrait être un peu plus bleu')
  • N'acceptez pas d'être payé 'en visibilité' (étonnamment, le propriétaire ne paie pas son loyer en visibilité)
  • Ajoutez 30% à votre estimation initiale (le client négociera de toute façon, et vous découvrirez que le projet est plus complexe que prévu)
  • Apprenez à dire non aux projets non rentables (oui, même si le client vous promet que 'ça pourrait déboucher sur d'autres contrats')

Quantifiez votre temps réel avec des outils comme WakaTime :

  • Mesurez précisément vos heures (parce que votre estimation mentale 'j'ai travaillé environ 3 heures' signifie souvent 5 heures en réalité)
  • Impressionnez vos clients avec des graphiques (rien de tel qu'un beau camembert pour justifier une facture)
  • Comparez-vous avec d'autres développeurs (et découvrez avec horreur que vous êtes dans les 10% les plus lents sur JavaScript)
  • Transformez votre facturation en jeu vidéo avec des statistiques (niveau atteint : 'Expert en CSS'
  • déblocage du badge 'Centrer un div sans stack overflow')

L'éthique de facturation, ou comment dormir la nuit :

  • Une demi-journée à vous arracher les cheveux sur un bug impossible mérite parfois d'être facturée comme une journée complète (votre santé mentale a un prix)
  • Inversement, si vous résolvez en 10 minutes ce qui devait prendre une journée, soyez honnête (facturer 8h pour 10 minutes de travail, c'est le meilleur moyen de perdre un client)
  • Ne minutez pas chaque email ou appel téléphonique (personne n'aime recevoir une facture détaillant '3 minutes et 42 secondes : a répondu à un email')
  • Restez droit dans vos chaussures, car la route du freelancing est longue (et semée d'embûches appelées 'clients qui paient en retard')

Les signaux d'alarme à repérer chez un client :

  • 'C'est très simple à faire' (traduction : c'est complexe mais ils ne veulent pas payer le prix réel)
  • 'On n'a pas vraiment de budget, mais...' (regardez-moi dans les yeux: FUYEZ)
  • 'On cherche quelqu'un de passionné' (traduction : qui travaillera les weekends sans être payé)
  • 'On a besoin que ce soit fait pour hier' (traduction : nous n'avons aucune notion de gestion de projet)
  • 'Tu pourrais juste ajouter cette petite fonctionnalité?' (qui doublera votre temps de travail)

En conclusion, votre première mission freelance sera probablement imparfaite, stressante et légèrement chaotique. Mais avec le bon équilibre entre professionnalisme et fermeté, vous éviterez de finir à manger des pâtes premier prix pendant six mois.

Et rappelez-vous : si un client vous demande 'combien ça coûte?', la réponse n'est jamais 'combien vous voulez payer?'